Le Gyromitre commun
Gyromitra esculenta

par Yves Lamoureux
Le Gyromitre commun est un
champignon printanier commun dans le sud du Québec. C'est un décomposeur
qui croit en terrain sablonneux, dégagé, surtout sous le pin blanc et
dans les bois en friche dominés par les bouleaux et les peupliers. Il
pousse presque partout en Amérique du Nord. Il croît aussi assez
communément dans de nombreux pays d'Europe.
Son nom scientifique, Gyromitra
esculenta, signifie «mitre ronde» (Gyromitra), et «comestible»
(esculenta). On reconnaît ce champignon à son chapeau brun
rougeâtre, circonvolué, creux à l'intérieur et à son pied crème ou
brunâtre. La plupart des ouvrages mycologiques illustrent cette espèce.
Le Gyromitre commun apparaît
peu après la fonte des neiges. Dans la région du Grand-Montréal, il
fructifie en moyenne à compter du 25 avril. Les spécimens prennent entre
deux et trois semaines pour parvenir à maturité, selon la température.
Ceux qui amorcent leur fructification plus tard, comme entre le 5 et le 10
mai, atteignent une plus grande taille que ceux qui apparaissent en avril.
En général, les spécimens aperçus après le 25 mai sont vieux et
défraîchis. Le champignon attend alors le printemps prochain pour
fructifier à nouveau. Il est fidèle à sa station et peut être
retrouvé au même endroit pendant plusieurs années.
Ce champignon contient une
toxine, la gyromitrine, qui se transforme à la cuisson en
monométhylhydrazine (MMH), un composé dangereux qui entre souvent dans
la composition du carburant à fusée. La
MMH est détruite a 87,5 oC, raison pour laquelle les
gyromitres sont beaucoup plus dangereux crus que cuits. Quoi qu'il en
soit, des gens ont déjà été gravement malades après avoir consommé
des gyromitres cuits, certains sont même morts... Ceci indique qu'il
reste toujours un peu de toxine dans le champignon même après la
cuisson. On sait aussi que certaines personnes sont plus sensibles que
d'autres à la toxine, et que cette dernière se trouve en quantité
variable dans les spécimens selon l'endroit d'où ils proviennent.
Seulement au Michigan, il y a
eu 112 cas d'empoisonnement aux gyromitres répertoriés de 1991 à 1993.
Les principaux symptômes ont été, selon les personnes intoxiquées:
vomissements, nausées, diarrhées, crampes abdominales, vertiges, maux de
tête, jaunisse et gaz intestinaux.
Mycophages... cherchez plutôt
les morilles!
